Claude FAUCHET
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Claude FAUCHET 1744 - 1793

Le 22 septembre 1744, naît au bourg de Dornes, Claude Fauchet, futur évêque constitutionnel du Calvados, député à l'Assemblée Législative et à la Convention.
Homme politique de premier plan pendant la Révolution, il sera un ardent défenseur du peuple pour lequel il se constitue l'avocat inlassable et talentueux grâce à une éloquence de tribun. Il se révélera républicain et démocrate bien avant la prise de la Bastille.
A l'époque de sa naissance, son père, Nicolas Fauchet, marchand, originaire de Champvert, est propriétaire de nombreux domaines à Dornes.
Il avait été auparavant maître de l'importante communauté des Gâchots de Toury-sur-Abron (Toury-Lurcy). Sa mère, Anne Légier, dornoise, fille du médecin de la paroisse, compte parmi ses ancêtres plusieurs notaires et docteurs en médecine. C'est donc dans une famille aisée et cultivée, à la fortune assise sur des biens fonciers, que Claude Fauchet voit le jour. Il fait de brillantes études au collège des jésuites de Moulins au terme desquelles il devient prêtre.
Rien dans son éducation ne le prédispose à devenir le réformateur qu'il sera très jeune. En effet, dès 1776, il se fait remarquer par la hardiesse de son langage et de ses idées. Alors prédicateur du roi, il prononce, à l'église Saint-Roch de Paris, un sermon dans lequel il annonce l'abolition des droits féodaux et la destruction de la noblesse. Ce scandale faillit bien lui coûter la liberté. Turgot, qui ne le connaît pas mais qui partage ses idées, en prenant sa défense, le sauve de la prison. Par la suite, pendant plus de dix ans, faisant fi du danger, il fait retentir, du haut de sa chaire, les mots Peuple, Liberté et Patrie, donnant à ses prêches un caractère plus social que religieux. La plupart de ses idées réformatrices prendront rang parmi les Immortels principes de 1789. L'assemblée constituante s'inspirera de plusieurs d'entre elles, en particulier les réformes fiscales et agraires, les adoptera pour les ériger en lois. Sa courte vie politique, de 1789 à 1793, est mouvementée car la sincérité et la bonne foi du personnage sont contrebalancées par un tempérament ardent et un esprit porté aux extrêmes. Il est amené à entreprendre des actions incompatibles avec son état de prêtre. C'est ainsi que la Révolution se fera contre la religion sous son impulsion. A la décharge de Claude Fauchet, il faut dire que, bien que la Constitution Civile du Clergé, votée en 1790 par l'Assemblée Constituante sur un des principes énoncés dans son ouvrage " De la Religion nationale ", celle-ci était inévitable.
Nommé, en 1790, évêque constitutionnel du Calvados et député de ce département à l'Assemblée Législative et à la Convention, il se rallie au club des Girondins. Il est pendant quelques temps très populaire, son éloquence déchaînant les foules. Puis soupçonné, à tort, d'avoir pris part à l'assassinat de Marat en armant la main de Charlotte Corday, il est guillotiné le 31 octobre 1793 sur la place de La Révolution à Paris et inhumé le même jour au cimetière de La Madeleine.Sa maison natale existe toujours. Elle est située à l'extrémité septentrionale de la place publique, dans un renfoncement. Actuellement, le rez-de-chaussée est occupé en partie par un commerce de décoration funéraire. En 1744, le premier étage n'existait pas. Ce dernier ne date que de 1863. Un jardin important entourait jadis la maison. Il a été morcelé lors du percement de la Rue Neuve en 1862 et par la construction de l'ancienne boucherie Thévenin et de l'hôtel du Commerce. Durant la seconde moitié du XVIIIème, une partie de cette maison, un cabinet s'ouvrant sur la rue principale, servait d'auditoire au bailliage seigneurial.
Nicolas Fauchet et Anne Légier ont eu 10 enfants entre 1737 et 1749. Seuls quatre d'entre eux sont parvenus à l'âge adulte. De leurs mariages est issue une descendance. Au siècle dernier, elle était nombreuse à Dornes et à Chantenay. Durant toute sa vie, Claude Fauchet conserva d'étroites relations avec sa famille, plaçant ses neveux et mariant ses nièces.
De la vie de ce révolutionnaire, maintenant méconnu, il nous reste cependant quelques passages saisissants. En autre, celui d'un 14 juillet 1789, étant alors délégué à l'Hôtel de Ville, il prend la tête du peuple en révolte, sabre en main, pour le mener à l'assaut de la Bastille. Et, celui du 5 août suivant, où il y reçoit la couronne civique en présence d'une foule en liesse, enthousiasmée par son éloge funèbre des citoyens morts en cette fameuse journée et son discours sur la liberté.

Marie Martine LACOSTE

 

Mise à jour
22/10/2019